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Je continuais à publier mes planches dans Télé 7 jours, ce qui m'a permis, en 1985, d'éditer le deuxième album de la série dans les mêmes conditions. Le rapport avec les commerçants avait un peu changé : certains accueillirent les albums avec plaisir et d'autres avec moins d’indifférence et nous avions éliminé les récalcitrants qui nous brisaient le moral. Je soupçonne aussi ma femme de ne m'avoir pas toujours informé de ses difficultés à se faire entendre.
Cet album est un peu spécial : conçu durant les “ événements ”, on y trouve des scènes liées à l'actualité du moment. Plus tard, ces pages seront remplacées, pour la plupart, par de nouvelles planches. J'ai le projet de redessiner un jour l’ensemble des planches du premier et du deuxième album. Enfin, à ce moment-là, en 1986, ce deuxième album se vend relativement bien et je suis même invité au journal télévisé pour en parler. J'étais très tendu, mal à l'aise, et je n'ai pas dû faire grande impression. Je l'ai d'ailleurs dit au journaliste à l'issue de mon passage en direct, ce qui ne lui a pas tellement plu car j'avais oublié de le remercier.
Tontion les gosses vient d'une expression que j'entendais souvent dans mon enfance, quand mon oncle, après qu'il eut découvert l'étendue des dégâts causés par nos malheureux bibiches, commençait toujours par cette interjection, avant d'essayer, en vain, de nous bombarder à coup de petits citrons verts, faute de pouvoir approcher les meilleurs sprinters du monde que nous devenions par magie. Le dessin de la couverture est un hommage à ces temps bénis, même si une claquette plus esthétique a remplacé le trop petit citron vert.
La parution ce cet album correspond d'autre part à ma rupture avec Télé 7 jours. Faute d'un accord sur le prix de mon travail, tout bêtement. J'étais payé 2000 CFP la planche, soit 8000 à 10000 CFP par mois. J’ai préféré arrêter.
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