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Je ne suis pas certain que la référence au cinéaste Suédois Ingmar Bergman soit évidente. Dans le film Cris et chuchotements (1977), il faut dénouer le mystère : qui est l'autre ? Un mirage ? Un double, un miroir de soi-même ? Ou, véritablement, une présence qui nous habite? Bergman pose de manière intimiste la question : qui suis-je, pour les autres, pour moi-même?
Alors, pourquoi un titre comme celui-ci ? La série de La Brousse en Folie deviendra-t-elle un recueil de BD pour intellectuels endurcis ? La réponse est simple : les intellectuels Calédoniens étaient à cette époque en pleine effervescence à propos de leur identité. Et, sous forme d'un livre collectif, “ être Caldoche ”, ils ont voulu rendre public leurs réflexions. J'ai trouvé l'idée intéressante (même si deux intellectuels assis vont moins loin qu'un imbécile qui marche) mais leurs textes n'étaient pas à la hauteur. De l'aspect collectif du travail émergeaient des monologues désespérants. Tous cependant faisaient allusion à La Brousse en Folie, avec plus ou moins de pertinence d'ailleurs. Alors je me suis autorisé un titre des plus mandarins mais non sans fondement : récuser ou reconnaître à travers tonton Marcel l'identité calédonienne (et donc ses propres racines à l'intérieur du groupe de gens qui revendiquent des particularismes similaires) ne dénoue en rien l'origine
de la quête ni ne permet de comprendre pourquoi elle pose tant
de difficultés.
Il y a d’ailleurs dans une des planches de cet album un clin d’œil à cet aspect intellectuel : Marcel, qui a la vue qui baisse, se retrouve avec des lunettes. Mais, ailleurs, il perdra aussi un temps la mémoire.
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